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23 octobre 2009 – Pour les personnes à risque de diabète de type 2, la perte de poids est l’élément central pour prévenir l’apparition de la maladie.

C’est ce qu’a affirmé le Dr David Nathan, dans le cadre du 20e Congrès mondial sur le diabète, qui a réuni plus de 10 000 spécialistes à Montréal, du 18 au 22 octobre.

« Chaque kilo perdu équivaut à une réduction du risque de 16 % », soutient-il. À l’inverse, avoir un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé que 35 augmente de 91 % le risque de devenir diabétique sur une durée de 14 ans.

Prévenir le diabète: maigrir d'abord Chercheur américain rattaché à l’Hôpital général du Massachusetts, le Dr Nathan est l’auteur d’une importante étude – Diabetes Prevention Program (DPP)1 – publiée en 2002 et menée auprès de 3 200 personnes prédiabétiques. Ses résultats démontrent qu’il est possible de prévenir et combattre le diabète simplement en modifiant ses habitudes de vie. Depuis, il a signé plus de 100 études sur le diabète.

Jusque-là, on ne croyait qu’aux vertus de l’approche pharmaceutique pour vivre avec cette maladie, avance-t-il. « Or, on sait maintenant que même chez ceux qui viennent d’être diagnostiqués diabétiques, une perte de 10 % du poids permet de contrôler la glycémie et la pression en diminuant le recours aux médicaments », indique David M. Nathan2.

Pas besoin d’aller au gym

Outre l’hérédité ou certaines prédispositions génétiques, les principaux facteurs de risque de diabète sont liés à des comportements modifiables : alimentation riche en gras saturés, obésité abdominale, hypertension et sédentarité.

C’est ce à quoi s’est attardée l’étude DPP : le programme visait un changement de comportement des participants, en fixant des objectifs réalistes et adaptés au quotidien des participants.

« Pas besoin de s’inscrire à un gym ou à un cours de cuisine : il suffisait, par exemple, de marcher d’un pas rapide à raison de 150 minutes par semaine, et de modifier son alimentation pour perdre de 5 % à 10 % de son poids corporel – notamment en réduisant de 25 % la quantité de gras saturés », indique le Dr Nathan.

L’étude DPP, qui se poursuit encore aujourd’hui, n’est pas la seule à avoir donné semblables résultats. Des études similaires, menées au Japon, en Finlande et en Inde, ont aussi démontré qu’il est possible de prévenir le diabète chez les personnes à risque, en modifiant quelques habitudes de vie.

Efficacité des saines habitudes de vie sur la prévention du diabète, selon certaines études

Nom et provenance de l’étude

Perte de poids à atteindre et méthode utilisée

Durée et intensité d’activité physique à atteindre

Diminution du risque

Da Qing (Japon)

IMC 23 ou moins
(régime hypocalorique)

5 à 30 min./jour
(faible à intense)

-42 %

FDPS (Finlande)

-5 %
(1 000 cal/jour,
-30 % de gras, 15 g de fibres/jour)

30 min./jour
(modérée à intense)

-58 %

DPP
(États-Unis)

-7 %
(-25 % de gras et thérapie comportementale)

150 min./semaine
(modérée)

-59 %

IDPP (Inde)

Aucun objectif

30 min./jour (modérée)

-31 %

Prévenir avec ou sans médicament?

Dans le cadre d’un forum où il a débattu avec le Dr Jean-Louis Chiasson de l’Université de Montréal, le Dr Nathan a ajouté que la perte de poids combinée à l’activité physique permet aussi de diminuer le risque de syndrome métabolique de 41 %. Et même d’inverser l’intolérance au glucose.

« Sans compter que modifier ainsi ses habitudes de vie permet de réduire le risque de certains facteurs de risque de maladies cardiovasculaires, dont l’hypertension, le mauvais cholestérol et l’inflammation chronique », a-t-il énuméré.

Mais est-il réaliste de croire que des personnes à haut risque de diabète adopteront de meilleures habitudes de vie et qu’elles les maintiendront à long terme? C’est là la réelle question, selon le Dr Chiasson.

« On peut prévenir la maladie en mangeant mieux et en bougeant plus, mais ce n’est vrai que si on persévère, indique-t-il. Or, on sait qu’après 3 ans, seulement 10 % des participants continuent leurs bonnes habitudes. »

Selon le Dr Chiasson, il s’agit là d’un problème qui nécessite la prise de médicaments. Et il soutient qu’un autre médicament – l’acarbose – peut faire mieux que la metformine. « L’acarbose s’est montré plus efficace pour prévenir le diabète et pour réduire le risque de troubles cardiovasculaires, dans tous les groupes d’âge », a-t-il dit.

Mais le Dr David Nathan persiste. « En Finlande, une étude a montré que l’effet des saines habitudes de vie réduisait de 58 % le risque de devenir diabétique, après 4 ans. Et chez ceux qui continuaient à bouger et à mieux manger après 7 ans, le risque était encore réduit de 43 %, sans compter l’effet sur leur qualité de vie en général – ce que ne font pas les médicaments », a-t-il conclu.

On estime qu’en 2010, le Canada comptera plus de 3 millions de diabétiques de type 2. Environ 60 % souffre d’hypertension, et un pourcentage similaire a un taux de cholestérol élevé, ce qui les rend à risque de troubles cardiovasculaires.

Martin LaSalle – PasseportSanté.net

1. Knowler WC, Barrett-Connor E et al. Reduction in the incidence of type 2 diabetes with lifestyle intervention or metformin, N Engl J Med. 2002 Feb 7;346(6):393-403.
2. À ce sujet, voir l’étude suivante: Look AHEAD Research Group, Reduction in Weight and Cardiovascular Disease Risk Factors in Individuals With Type 2 Diabetes, Diabetes Care, juin 2007, vol. 30, no 6, 1374-83.

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Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur. (proverbe africain)

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