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Diabète de type 2



Diabète de type 2 : qu’est-ce que c’est?

Le diabète de type 2 survient lorsque l’organisme devient incapable de réguler la glycémie, c’est-à-dire le taux de glucose ou de « sucre » dans le sang. Cette maladie touche davantage les adultes obèses ou ayant un surplus de poids.

Chez une personne atteinte de diabète de type 2, la glycémie se maintient au-dessus des valeurs normales. À long terme, si la glycémie n’est pas abaissée par des traitements, cela peut causer de graves problèmes de santé.

Cette maladie chronique demande un traitement individualisé et une surveillance étroite par la personne atteinte et l’équipe médicale. Les saines habitudes de vie sont à la base du traitement. Au besoin, des médicaments peuvent être utilisés. Puisque les injections d’insuline sont rarement nécessaires, on lui donne aussi le nom de diabète non insulinodépendant (DNID), par opposition au diabète de type 1.

Une maladie en progression

Le nombre de personnes atteintes du diabète de type 2 a progressé rapidement dans le monde au cours de la dernière décennie et continue de le faire. Au Canada, en 2008, 8,6 % des gens âgés de 45 ans à 64 ans ont déclaré avoir reçu un diagnostic de diabète, comparativement à 6,8 % en 2003. Chez les 65 ans et plus, la prévalence est passée de 13,5 % en 2003, à 16 % en 2008. On estime que le diabète de type 2 représente au moins 90 % de ces cas de diabète.

Le diabète de type 2 se manifeste généralement passé l’âge de 40 ans, mais atteint aujourd’hui de plus en plus d’enfants et d’adolescents.

L’alimentation riche en gras et en sucre ainsi que la sédentarité sont les facteurs qui contribuent le plus à ce phénomène, car ils causent le surplus de poids. Avec le temps, l’accumulation de gras dans les organes cause une résistance à l’insuline. Cette résistance à l’insuline est le premier pas vers le diabète de type 2.

Il faut savoir que l’insuline est la « clé » qui permet aux muscles et au foie, par exemple, d’absorber le glucose (le sucre), source importante d’énergie. Chez une personne résistante à l’insuline, cette clé fonctionne moins bien ou plus du tout. Ainsi, le glucose reste dans le sang et la glycémie s’élève progressivement. L’insuline est sécrétée par le pancréas. Au début, pour compenser cette résistance à l’insuline, le pancréas se met à en produire davantage. Cependant, avec le temps, le pancréas s’épuise. Par conséquent, la sécrétion d’insuline diminue et, dans certains cas, cesse complètement.

Le diabète de type 2 est donc le résultat de deux phénomènes : d’abord une résistance à l’insuline, ensuite l’épuisement du pancréas.

Diagnostic

Comme le diabète de type 2 s’accompagne rarement de symptômes à ses débuts, on le découvre souvent de façon fortuite au cours d’un examen médical de routine.

Des tests de glycémie permettent de le détecter : un test de glycémie à jeun ou au hasard et, parfois, un test d’hyperglycémie provoquée. Ce dernier test consiste en une lecture de la glycémie 2 heures après avoir ingéré un jus sucré contenant 75 g de glucose.

Même si les résultats sont normaux, il est habituellement recommandé de passer ces examens à intervalles réguliers afin de dépister la maladie le plus tôt possible.

Complications possibles

Pour des renseignements sur les complications aiguës (hypoglycémie et hyperglycémie, engendrées par l’ajustement du traitement; syndrome d’hyperglycémie hyperosmolaire chez les diabétiques non traités), consultez notre fiche Diabète (vue d’ensemble).

À long terme, plusieurs diabétiques voient leur état de santé s’aggraver en raison de leur maladie, surtout si le diabète n’est pas bien contrôlé et suivi. Une glycémie élevée de façon chronique peut notamment être à l’origine d’une perte de vision irréversible, de douleurs en raison d’atteintes des nerfs, de maladies cardiovasculaires et d’insuffisance rénale. Pour plus de renseignements, veuillez consulter notre fiche Complications du diabète.

Symptômes

Dans un premier temps, la personne atteinte ne présente pas ou peu de symptômes. Il s’agit donc d’une forme insidieuse de diabète qui peut passer inaperçue durant des années. Certaines personnes peuvent présenter des symptômes causés par l’hyperglycémie, qui s’apparentent alors à ceux du diabète de type 1.

  • Une envie fréquente d’uriner, surtout la nuit. Les reins produisent plus d’urine pour tenter d’éliminer le surplus de glucose dans le sang.
  • Une augmentation de la soif et de la faim.
  • Une perte de poids.
  • Une fatigue excessive, qui se remarque surtout après les repas.
  • Une vision trouble.

Remarque. Des infections plus fréquentes, une guérison plus lente des plaies ou une perte de sensibilité aux pieds sont quelques-uns des signes possibles de complications. Il est alors nécessaire de consulter son médecin sans tarder. Voyez aussi notre fiche Complications du diabète.

Personnes à risque

  • Les personnes dont un parent du premier degré (mère, père, frère ou soeur) est atteint de diabète de type 2.
  • Les personnes ayant un surplus de poids, surtout lorsque la masse adipeuse se concentre dans l’abdomen plutôt qu’aux hanches et aux cuisses. En effet, le gras logé dans les organes de l’abdomen (surtout le foie) est celui qui nuit à la fonction de l’insuline.

Facteurs de risque

  • Avoir un mode de vie sédentaire et consommer un excès de calories. Chez 80 % des diabétiques de type 2, un surplus de poids a contribué à l’apparition de la maladie.
  • Avoir souffert de diabète gestationnel ou avoir donné naissance à un bébé pesant plus de 4 kg.
  • Avoir un syndrome métabolique. En clinique, le médecin évaluera la présence des facteurs suivants (trois suffisent au diagnostic) :
    – une obésité abdominale, déterminée par la mesure du tour de taille;
    – un taux élevé de triglycérides sanguins;
    – un faible taux de HDL sanguin, un bon type de cholestérol;
    – une hypertension artérielle (60 % des diabétiques non diagnostiqués font de la haute pression);
    – une glycémie élevée à jeun.

Prévention du diabète de type 2

Mesures de dépistage

La nécessité du dépistage en l’absence de symptômes sera évaluée avec le médecin.

Les experts croient que plus on détecte tôt la maladie – même avant l’apparition des symptômes – et qu’on intervient tôt pour rétablir la glycémie, plus le risque de complications s’amenuise (troubles cardiovasculaires, affections oculaires, rénales ou neurologiques, etc.). On dispose de plus en plus de preuves de l’efficacité d’une intervention précoce.

Voici les recommandations de l’Association canadienne du diabète, auxquelles se réfèrent les médecins39 :

  • L’évaluation du risque de diabète chez les adultes devrait être faite par le médecin lors de l’examenannuel.
  • Un test de glycémie à jeun devrait être entrepris tous les 3 ans chez tous les adultes à partir de 40 ans, symptômes ou pas. Ce dépistage devrait être fait plus fréquemment lorsque des facteurs de risque ont été trouvés. Un test d’hyperglycémie provoquée peut être entrepris pour investiguer plus à fond ou établir le diagnostic.
  • Le dépistage de la maladie chez les enfants à haut risque tous les 2 ans est conseillé.

Mesures préventives de base

Contrôle du poids, saine alimentation et exercice physique

L’embonpoint a pour effet de faire augmenter les besoins en insuline et de surmener le pancréas. C’est par l’indice de masse corporel (IMC) qu’on détermine le poids santé d’une personne. Calculez le vôtre à l’aide de notre test Indice de masse corporelle (IMC) et tour de taille.

Une alimentation saine et variée aide à maintenir un poids santé. Elle permet aussi de maintenir une glycémie relativement stable tout au long de la journée, de même qu’une bonne tension artérielle. Pour ce faire, mangez autant que possible 3 repas par jour à des heures régulières, évitez les excès de gras animal et de sucres ajoutés (glucose, fructose, dextrose, etc.) et privilégiez les aliments riches en fibres. Pour un aperçu des principes de base à respecter, consultez notre article Comment bien manger?

La pratique régulière d’activités physiques contribue également à maintenir un poids santé ou à éliminer les kilos superflus le cas échéant. De plus, le fait d’être actif fait en sorte que l’insuline agit plus efficacement. On recommande généralement un minimum de 30 à 60 minutes d’activité physique, idéalement tous les jours, sinon au moins 5 jours par semaine (marche rapide, nage, jogging, cyclisme, etc.). Il est important d’y aller de façon graduelle, donc d’augmenter peu à peu la durée et l’intensité de l’activité. Plusieurs périodes courtes peuvent être aussi bénéfiques que des périodes continues. Pour obtenir des conseils sur des façons d’intégrer des activités dans votre quotidien, consultez notre section Être en forme.

Mesures pour prévenir les complications

L’autosurveillance quotidienne de la glycémie à l’aide d’un lecteur de glycémie ainsi que le suivi médical du taux d’hémoglobine glycosylée (HbA1c) dans le sang (au moins 2 fois par année) peuvent prévenir de nombreuses complications. Le taux d’hémoglobine glycosylée reflète la moyenne des glycémies au cours des 3 derniers mois.

Les cibles à viser qui reflètent un bon contrôle :

  • une glycémie de 4 mmol/l à 7 mmol/l avant les repas;
  • un taux d’hémoglobine glyquée inférieur à 7 %.

Consultez la section Prévention de notre fiche Complications du diabète.

Traitements médicaux du diabète de type 2

Les diabétiques peuvent espérer mener une vie active, autonome et dynamique à condition de respecter une discipline assez stricte :

– le contrôle du glucose sanguin à l’aide d’un lecteur de glycémie;
– un régime alimentaire approprié;
– un programme d’activité physique.

Pour plus de détails concernant le mode de vie à adopter en cas de diabète de type 2, voyez notre fiche Diabète (vue d’ensemble) dans laquelle vous trouverez :

– un schéma de l’absorption du glucose;
– une vidéo montrant comment utiliser un lecteur de glycémie;
– un tableau des valeurs glycémiques optimales pour les adolescents et les adultes diabétiques;
– un plan d’alimentation (à ce sujet, voir aussi notre fiche Diète spéciale: Diabète).
– des suggestions d’exercices physiques;
– des moyens pour gérer le stress.

Pour certains, l’observance assidue de ce mode de vie suffira à contrôler la glycémie tandis que, pour d’autres, il faudra aussi intervenir médicalement. Le but du traitement est de maintenir la concentration de glucose (sucre) dans le sang dans l’écart normal. Les moyens d’y arriver diffèrent d’une personne à l’autre.

Médicaments

Les médecins peuvent avoir recours aux médicaments antidiabétiques suivants, qui ont tous pour effet de diminuer la glycémie ou d’aider à la contrôler :

  • les biguanides, telle la metformine (Glucophage® ou Glumetza®), qui diminuent la résistance à l’insuline, ce qui aide l’organisme à utiliser plus efficacement le glucose; ils favorisent aussi la perte de poids;
  • les sécrétagogues d’insuline, qui comprennent les sulfonylurées (Diabinèse®, Diamicron®, Diabeta®) et les méglitinides (Starlix®, GlucoNorm®); ils stimulent la production d’insuline par le pancréas par différents mécanismes, mais peuvent causer des hypoglycémies;
  • les thiazolidinédiones, une classe de médicaments qui comprend la rosiglitazone (Avandia®) et la pioglitazone (Actos®), améliorent la glycémie en diminuant la résistance à l’insuline (ces médicaments sont contre-indiqués aux personnes souffrant d’insuffisance cardiaque);
  • les inhibiteurs de l’alpha-glucosidase (l’acarbose (Glucobay®) ont pour effet de prolonger l’absorption des glucides; ils doivent être pris au moment d’un repas pour être efficaces et peuvent entraîner des ballonnements et des flatulences en raison des sucres non-absorbés.
  • les incrétines, une nouvelle famille de médicaments dont fait partie le Januvia® (la sitagliptine), agissent en augmentant la sécrétion d’insuline après un repas, sans causer d’hypoglycémies; ils ont un effet neutre sur le poids.

Le traitement à l’insuline (par des injections) est le plus souvent utilisé dans les cas plus aigus ou après plusieurs années de médication orale. En effet, des injections d’insuline peuvent s’imposer lorsque les médicaments ne suffisent plus, car la sécrétion d’insuline diminue avec le temps chez les diabétiques de type 2. Cela peut aider à prévenir les complications du diabète. Il arrive que l’insulinothérapie soit entreprise comme traitement initial, au lieu des médicaments par voie orale, mais cela demeure exceptionnel.

Lorsque l’obésité est importante, la prise de médicaments qui favorisent la perte de poids peut être envisagée (Xenical®, Meridia®) en complément au traitement. Il s’agit d’une approche recommandée depuis 2008 par l’Association canadienne du diabète et l’Association américaine du diabète. Ces médicaments sont cependant rarement utilisés, notamment en raison de leur coût élevé.

L’opinion de notre médecin

Si vous êtes atteint de diabète de type 2, vous pouvez exercer un certain contrôle sur votre maladie en prenant part activement à votre traitement. En surveillant votre glycémie, vous savez immédiatement si votre diabète est bien contrôlé ou non. Les outils pour améliorer votre glycémie sont nombreux. L’adoption de saines habitudes de vie est à la base du traitement.

Le but est d’atteindre et de conserver une moyenne glycémique acceptable, sans crises d’hypoglycémie. Cette moyenne est reflétée par la mesure de l’hémoglobine glyquée. Vous pouvez demander à votre médecin qu’il vous fasse part de vos résultats afin que vous sachiez où vous vous situez par rapport aux cibles.

Le diabète est une maladie exigeante. Vous avez au moins l’avantage de pouvoir changer l’évolution de votre maladie en vous impliquant dans votre traitement. Vous en récolterez des bénéfices à long terme.

Enfin, plusieurs avenues ont été étudiées pour prévenir cette maladie incurable, incluant des médicaments. Le Diabetes Prevention Program a démontré qu’une activité physique de 30 minutes par jour ainsi qu’une perte de poids de 5 % à 7 % (environ 15 livres) a permis de diminuer le risque de diabète de plus de la moitié chez les personnes à risque. Ces recommandations sont réalisables et dépourvues d’effets secondaires. Et surtout, elles apporteront des bienfaits sur la santé qui dépassent largement la prévention du diabète.

Dre Fabienne Langlois, résidente en endocrinologie

Révision médicale (octobre 2009) : Dre Fabienne Langlois, M.D., résidente en endocrinologie, Chaire Lucie et André Chagnon pour l’enseignement d’une approche intégrée en prévention, Université de Sherbrooke
Révision médicale (novembre 2003) :
Dre Maria Garrido, M.D., endocrinologue

Approches complémentaires

Avertissement. L’automédication en cas de diabète peut entraîner de graves problèmes. Lorsqu’on entreprend un traitement ayant pour effet de modifier son taux de glucose sanguin, il faut surveiller sa glycémie de très près. Il est aussi nécessaire d’avertir son médecin afin qu’il puisse, au besoin, revoir la posologie des médicaments hypoglycémiants classiques.

En traitement

Efficacité possible

Ginseng, glucomannane, psyllium

Voir la légende des symboles

Efficacité incertaine

Avoine, chrome, fenugrec, tai-chi

Usage traditionnel

Aloès, bleuet ou myrtille, gymnéma, momordique, nopal

Approches à considérer

Naturopathie

Efficacité possible Ginseng (Panax ginseng et Panax quinquefolium). Un nombre croissant d’études de bonne qualité tendent à valider l’usage traditionnel des racines et radicelles du ginseng pour traiter le diabète, mais des essais portant sur un plus grand nombre de sujets permettraient d’arriver à des conclusions plus solides4. Le ginseng contribuerait à normaliser la glycémie.

Efficacité possible Glucomannane. Le glucomannane est une fibre soluble, semblable au psyllium, mais encore plus absorbante et émolliente que ce dernier. Il est composé de farine de konjac, dans une forme purifiée. Les résultats de plusieurs essais cliniques indiquent que la prise de glucomannane peut être utile pour réduire ou contrôler le taux de glycémie chez les personnes diabétiques ou obèses5-11.

Efficacité possible Psyllium (Plantago ovata). L’effet principal de la prise de psyllium au moment d’un repas est de faire baisser l’index glycémique total du repas. Cela fait en sorte qu’après le repas, les taux de glucose et d’insuline diminuent de 10 % à 20 %. L’action du psyllium est comparable à celle de l’acarbose, un médicament utilisé par certains diabétiques de type 2 : il ralentit l’assimilation des glucides dans le système digestif12.

Efficacité incertaine Avoine (Avena sativa). Des recherches indiquent que la consommation de flocons d’avoine contribue à prévenir la hausse du taux de glucose sanguin à la suite d’un repas (l’hyperglycémie postprandiale)13,14 et qu’elle peut permettre un meilleur contrôle du taux de glucose à long terme15. En effet, comme le psyllium, elle contient beaucoup de fibres solubles, ce qui ralentit la vidange gastrique.

Efficacité incertaine Chrome. Le chrome est un oligo-élément essentiel à la santé humaine, présent naturellement dans plusieurs aliments. Il augmente notamment la sensibilité des tissus à l’insuline, ce qui contribue à normaliser le taux de sucre dans le sang. L’utilisation de suppléments de chrome par des personnes atteintes du diabète est controversée étant donné la qualité très variable des études menées jusqu’à présent.

Efficacité incertaine Fenugrec (Trigonella foenum-graecum). Les résultats de quelques études cliniques menées sur des diabétiques ont démontré que les graines de fenugrec pourraient contribuer à la régulation du taux de glucose sanguin en cas de diabète de type 216-18. Bien que prometteurs, ces essais comportaient un certain nombre de failles, si bien qu’il n’est pas possible pour l’instant de suggérer un protocole de traitement19.

Efficacité incertaine Tai-chi. Quelques chercheurs ont émis l’hypothèse que le tai-chi pourrait contribuer à régulariser le taux de glucose sanguin chez les diabétiques. Jusqu’à maintenant, les différentes études ont présenté des résultats contradictoires20-23. Certaines études font état d’améliorations, d’autres non.

Usage traditionnel Aloès (Aloe vera). On compte l’aloès parmi les plantes auxquelles la médecine ayurvédique attribue des propriétés hypoglycémiantes ou antidiabétiques24. Les études menées jusqu’à présent tendent à confirmer cet usage, mais sont peu nombreuses25-27.
Dosage

Bien que l’efficacité du gel comme substance hypoglycémiante ne soit pas clairement établie, on recommande habituellement de prendre 1 c. à table, 2 fois par jour, avant les repas.

Usage traditionnel Bleuet ou myrtille (Vaccinium myrtilloides et Vaccinium myrtillus). En Europe, on utilise les feuilles de myrtille depuis plus de 1 000 ans pour faire baisser le taux de glucose sanguin. Des essais menés sur des animaux tendent à confirmer cet usage traditionnel. L’usage des feuilles de bleuet (myrtille) pour cette maladie n’a pas fait l’objet d’essais sur les humains.
Dosage

Les praticiens recommandent d’infuser 10 g de feuilles dans 1 litre d’eau bouillante et de prendre de 2 à 3 tasses de cette infusion par jour.

Usage traditionnel Gymnéma (Gymnema sylvestre). Dans de nombreux pays (Inde, Japon, Vietnam, Australie…), les médecins traditionnels emploient le gymnéma pour faire baisser le taux de glucose chez les diabétiques24,28,29. Cependant, aucun essai clinique à double insu avec placebo n’a été mené, si bien qu’on ne dispose pas de preuves scientifiquement valables de son efficacité.
Dosage

Plutôt que les feuilles séchées, on utilise de nos jours un extrait normalisé à 24 % d’acide gymnémique. Cet extrait, souvent désigné sous le nom de GS4, constitue la matière première de la majorité des produits du commerce. Prendre de 200 mg à 300 mg de cet extrait, 2 fois par jour en mangeant.

Usage traditionnel Momordique (Momordica charantia). La momordique, aussi appelée margose, est une plante grimpante tropicale qui produit des fruits dont l’apparence rappelle le concombre. Traditionnellement, plusieurs peuples se sont servis de ses fruits pour traiter une foule de maux. La consommation de jus de fruits frais aiderait notamment à réguler la glycémie des personnes diabétiques, par une action hypoglycémiante. Cet effet a été confirmé par plusieurs essais in vitro et sur des animaux. Les études chez l’humain en sont au stade préliminaire.
Dosage

Traditionnellement, on recommande de boire de 25 ml à 33 ml de jus du fruit frais (à peu près l’équivalent de 1 fruit), de 2 à 3 fois par jour avant les repas.

Usage traditionnel Nopal (Opuntia ficus indica). Les tiges du nopal, un cactus des régions désertiques du Mexique, ont été utilisées en médecine traditionnelle pour réduire le glucose sanguin à jeun des diabétiques. Cet effet a pu être observé lors de quelques essais cliniques menés par des chercheurs mexicains30-35. Riche en fibres alimentaires, le nopal agirait principalement en diminuant l’absorption du glucose.
Dosage

Au cours des études ayant donné des résultats positifs, on a utilisé 500 g de chair de nopal grillé par jour.

Approches à considérer Naturopathie. Le naturopathe américain J.E. Pizzorno suggère notamment aux diabétiques de prendre un supplément de multivitamines et de minéraux36, car la maladie engendrerait un besoin accru en nutriments. Selon son expérience, cette pratique améliore le contrôle du glucose sanguin et contribue à prévenir les principales complications du diabète. Une étude à double insu avec placebo, menée auprès de 130 sujets (de 45 ans et plus), indique pour sa part que les personnes souffrant de diabète ayant pris durant 1 an une multivitamine ont eu moins d’infections respiratoires et de grippes que les sujets diabétiques non traités37.
De plus, le naturopathe considère important que les diabétiques consomment une grande quantité de flavonoïdes pour leur effet antioxydant, sous forme alimentaire (présents majoritairement dans les fruits et les légumes, et en quantité plus importante dans les petits fruits, l’artichaut, l’oignon, l’asperge, le chou rouge et les épinards) ou par la prise de suppléments. Il y aurait davantage de réactions d’oxydation et d’inflammation dans l’organisme des personnes atteintes de diabète. Ces mesures ne traitent pas le diabète, mais pourraient améliorer l’état de santé global. Voyez notre fiche Naturopathie.

L’avis de notre pharmacien

Les produits naturels ont-ils leur place dans le traitement du diabète?

Sites d’intérêt

Canada

Diabète Québec
Cette association a pour mission d’informer sur le diabète et de favoriser la recherche sur cette maladie. Diabète Québec fournit aussi des services et défend les intérêts socio-économiques des personnes atteintes.
www.diabete.qc.ca
Voir les suggestions de livres de recettes dans la section Livres et matériel :
www.diabete.qc.ca

Canadian Diabetes Association (Association canadienne du diabète)
Site très complet en anglais (certains documents sont offerts en français) :
www.diabetes.ca.
À signaler notamment dans ce site, à propos de l’exercice :
Physical Activity and Diabetes

www.diabetes.ca

Santé Canada – Le diabète
Un dossier à jour sur le diabète, en français et en anglais.
www.hc-sc.gc.ca
Programmes et services aux diabétiques :
www.phac-aspc.gc.ca
Programme de prévention auprès des populations autochtones :
www.hc-sc.gc.ca

Guide Santé du gouvernement du Québec
Pour en savoir plus sur les médicaments : comment les prendre, quelles sont les contre-indications et les interactions possibles, etc.
www.guidesante.gouv.qc.ca

États-Unis

American Diabetes Association
www.diabetes.org

International

Fédération Internationale du Diabète
Pour ses articles d’actualité, la présentation de données épidémiologiques, l’annonce des congrès internationaux, etc. (en anglais seulement, traductions française et espagnole en développement).
www.idf.org

Groupes de soutien

Consulter la liste des groupes de soutien Diabète.

Recherche et rédaction : Marie-Michèle Mantha, M.Sc. et Pierre Lefrançois
Mise à jour :
septembre 2009

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Bibliographie

Ask DrWeil, Polaris Health (Ed). Health Centers – Diabetes, DrWeil.com. [Consulté le 2 septembre 2009]. www.drweil.com
Canadian Diabetes Association. [Consulté le 2 septembre 2009]. www.diabetes.ca
Centre Duke de médecine intégrée (Duke University Health System). Encyclopédie pratique de nouvelle médecine occidentale et alternative, Robert Laffont, France, 2007.
Côté, Dr Gilles. Le diabète en omnipratique, Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent, Canada, 2008. Document intégral : www.omnipratique.ca
InteliHealth. Health A-Z: Type 2 Diabetes Mellitus. [Consulté le 23 mai 2002]. www.intelihealth.com
Mayo Foundation for Medical Education and Research (Ed). Diseases & Conditions – Type 2 diabetes, MayoClinic.com. [Consulté le 2 septembre 2009]. www.mayoclinic.com
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Pizzorno JE Jr, Murray Michael T (Ed). Textbook of Natural Medicine, Churchill Livingstone, États-Unis, 2006.
Santé Canada. Maladies et affections – Diabète, Santé Canada. [Consulté le 30 juin 2003]. www.hc-sc.gc.ca
The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Conditions – Diabetes, ConsumerLab.com. [Consulté le 2 septembre 2009]. www.consumerlab.com
Weil Andrew. Ask Dr Weil. [Consulté le 24 mai 2002]. www.drweil.com

Notes

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7. Vuksan V, Sievenpiper JL, et al. Beneficial effects of viscous dietary fiber from Konjac-mannan in subjects with the insulin resistance syndrome: results of a controlled metabolic trial.Diabetes Care. 2000 Jan;23(1):9-14. Texte complet accessible à l’adresse suivante : http://care.diabetesjournals.org
8. Vita PM, Restelli A, et al. [Chronic use of glucomannan in the dietary treatment of severe obesity]. [Article en italien, résumé en anglais]. Minerva Med. 1992 Mar;83(3):135-9.
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10. Doi K, Matsuura M, et al. Treatment of diabetes with glucomannan (konjac mannan) Lancet. 1979 May 5;1(8123):987-8. No abstract available. Cité et décrit dans : DerMarderosian A et al. Glucomannan, The Review of Natural Products – Facts and Comparisons, États-Unis, 1995.
11. Hopman WP, Houben PG, et al. Glucomannan prevents postprandial hypoglycaemia in patients with previous gastric surgery.Gut. 1988 Jul;29(7):930-4.
12. Frati Munari AC, Benitez Pinto W, et al. Lowering glycemic index of food by acarbose and Plantago psyllium mucilage. Arch Med Res. 1998 Summer;29(2):137-41.
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14. Jenkins AL, Jenkins DJ, et al. Depression of the glycemic index by high levels of beta-glucan fiber in two functional foods tested in type 2 diabetes.Eur J Clin Nutr 2002 Jul;56(7):622-8.
15. Pick ME, Hawrysh ZJ, et al. Oat bran concentrate bread products improve long-term control of diabetes: a pilot study.J Am Diet Assoc 1996 Dec;96(12):1254-61.
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18. Gupta A, Gupta R, Lal B. Effect of Trigonella foenum-graecum (fenugreek) seeds on glycaemic control and insulin resistance in type 2 diabetes mellitus: a double blind placebo controlled study.J Assoc Physicians India 2001 Nov;49:1057-61.
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Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur. (proverbe africain)

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