Blessures musculaires sportives : qu’est-ce que c’est?


Types de blessures musculaires

Nous avons rassemblé ici différents types de blessures aux muscles – de la crampe à la rupture complète d’un muscle – qui peuvent survenir dans la pratique d’une activité sportive. Ces blessures peuvent compromettre une activité de loisir ou les objectifs d’un sportif. Le traitementdes blessures musculaires vise 3 buts : bénéficier d’une meilleure guérison, empêcher que la blessure devienne chronique et réduire le risque de récidive.
Chaque année, environ 9 % de tous les Québécois de 6 ans à 74 ans qui pratiquent une activité sportive ou de loisir subissent une blessure nécessitant la consultation d’un professionnel de la santé1. (Cette statistique regroupe tous les types de blessures accidentelles, incluant les fractures.)
  • Crampe : contraction douloureuse, involontaire et passagère d’un ou de plusieurs muscles. Elle peut survenir au repos ou à l’effort. Les crampes qui surviennent dans la pratique d’un sport ont une origine complexe. On croit qu’elles seraient le résultat d’une insuffisance d’apport d’oxygène ou d’électrolytes sanguins. Habituellement, elles sont un signe d’épuisement ou dedéshydratation. Une crampe persistante est appelée contracture.
  • Contusion : conséquence d’un coup reçu sur un muscle en phase de contraction. Elle se manifeste par une douleur musculaire localisée au point d’impact, de l’enflure et parfois une ecchymose (épanchement de sang sous la peau consécutif à une rupture des vaisseaux, appelé familièrement bleu). Ces manifestations sont d’autant plus importantes et profondes que le choc est fort. Lorsqu’elle survient dans les jambes, la contusion est communément appeléecharley horse.
  • Élongation : allongement traumatique du muscle. L’élongation survient durant unesollicitation excessive à la limite de l’étirement du muscle ou à la suite d’une contraction trop forte. Les muscles de l’arrière de la cuisse (les ischio-jambiers) sont les plus susceptibles de subir une élongation. Le terme claquage (un « clac » est souvent audible) est habituellement utilisé pour parler des élongations plus graves, qui peuvent mener à une déchirure partielle ou complète de fibres musculaires.
L’échographie et l’IRM (imagerie par résonance magnétique) sont les examens d’imagerie les plus adaptés pour faire le diagnostic lorsqu’on soupçonne une rupture complète du muscle.
Le muscle
Sa représentation classique nous montre un tissu musculaire renflé en son milieu, qui se poursuit aux extrémités par 2 tendons. Il est formé de plusieurs fibres, fines, longues (certaines font la longueur du muscle), disposées parallèlement, groupées en faisceaux et séparées par du tissu conjonctif. Cette armature fibreuse permet la transmission de l’énergie de la fibre musculaire vers le tendon.
La principale caractéristique d’un muscle est sa capacité à se contracter en produisant le mouvement.
Les muscles sont constamment en contraction légère; c’est ce qu’on appelle le tonus musculaire. Ce tonus peut se modifier de façon pathologique au cours d’une blessure à des fibres musculaires ou à un tendon.

Causes

La majorité des lésions musculaires atteignent les jambes et sont attribuables à la pratique d’unsport, principalement les sports de contact (football, hockey, boxe, rugby, etc.), les sports potentiellement acrobatiques (surf des neiges, planche à roulettes, etc.) et ceux qui demandent des départs rapides (tennis, basket-ball, sprint, etc.). Elles peuvent être produites :
  • en début d’exercice par un entraînement excessif ou insuffisant, un mauvais échauffement ou une mauvaise technique de préparation physique;
  • en fin d’exercice par la fatigue, un déficit de souplesse du muscle, un allongement contrarié du muscle;
  • par des mouvements brusques, violents et non coordonnés, particulièrement s’il y a déséquilibre entre la force des muscles agonistes (qui font le mouvement) et celle des muscles antagonistes (qui font le mouvement inverse) – par exemple, le biceps et le triceps;
  • par un coup direct avec un objet dur (crampon, genou d’un autre sportif, poteau, etc.);
  • en raison d’un effort trop intense ou prolongé;
  • par une blessure musculaire antérieure mal guérie;
  • par du matériel d’entraînement inadapté.

Symptômes des blessures musculaires


Un raidissement d’un muscle accompagné d’une douleur intense.
Crampe musculaire

  • Une perte de mobilité des articulations liée au muscle.

Contusion

  • Une douleur au point d’impact et une tache foncée sous la peau (brune, bleue, rougeâtre ou jaunâtre), sans déchirure de la peau ni fracture.

Élongation ou claquage

  • Une raideur et une douleur vive, aiguë et brutale à un muscle. La douleur se manifeste à la contraction du muscle, à l’étirement et à la palpation. L’atteinte impose l’arrêt de l’effort, mais permet toujours le mouvement. Plus la blessure est grave, plus la douleur est intense et plus la perte d’amplitude articulaire est importante.
  • Si l’étirement est important, une enflure apparaît. Si la blessure se situe tout juste sous la peau, on voit parfois une petite ecchymose.
  • En cas de déchirure importante ou de rupture, la douleur est comparable à un coup de poignard. L’ecchymose est souvent énorme. Le muscle n’est plus fonctionnel.

Personnes à risque

  • Toutes les personnes qui pratiquent un sport : des athlètes professionnels aux athlètes amateurs et aux adeptes de sports de loisir.
  • Ceux qui entreprennent un programme d’exercices physiques (aérobiques ou musculaires), seuls ou en groupes.

Facteurs de risque

Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, les étirements pratiqués avant l’activité physiquene diminuent pas le risque de blessure musculaire et pourraient même être un facteur aggravant s’ils sont effectués sur les muscles « à froid ». Il vaudrait mieux les faire aprèsl’activité physique.
Par contre, un bon échauffement avant d’entreprendre une activité intense permettrait de réduire grandement les risques de blessure (voir plus bas Prévenir l’élongation et Les besoins de base du sportif).
  • Un échauffement insuffisant avant la pratique d’un sport.
  • Une mauvaise hygiène de vie (manque de sommeil, alimentation déficiente, etc.), qui engendrefatigue et faiblesse musculaire.
  • L’âge : l’élasticité et la solidité des muscles et des tendons diminuent avec l’âge.
  • L’utilisation d’anabolisants (substances entraînant un accroissement du système musculaire), qui favorisent le développement de la fibre musculaire, mais fragilisent les tendons.
  • Des problèmes psychologiques contrariant les sensations proprioceptives (sensations qui ont leur origine dans le corps et qui renseignent sur l’équilibre et les déplacements).
  • Un problème postural.
  • La raideur musculaire.
  • Le manque d’hydratation.
  • Une physiothérapie incomplète ou mal conduite après une blessure.
  • Des exercices de musculation ou d’étirement inadaptés ou mal pratiqués.
  • La mauvaise qualité des installations sportives ou un équipement sportif inadéquat.

Prévention des blessures musculaires

Prévenir les crampes musculaires

  • Évitez la déshydratation en buvant avant, durant et après l’exercice, par petites quantités. L’hydratation aide à maintenir la circulation sanguine dans les fibres musculaires.
  • Alternez l’eau et les boissons pour sportifs, qui ont l’avantage de contenir des sels et des minéraux. Les crampes peuvent être causées par un manque de sodium et de potassium dans le muscle. 
    Conseil
    . Diluez les boissons pour sportifs, qui contiennent souvent trop de sucre. Ces boissons devraient être limitées aux activités intenses qui durent plus d’une heure.
  • Reconnaissez les signes de fatigue et sachez vous arrêter avant que les crampes apparaissent.
  • Progressez graduellement dans un sport. La fatigue musculaire qui survient lorsque le muscle n’est pas habitué à fournir la force demandée peut causer les crampes.

Prévenir les contusions

  • Portez les équipements de prévention : casque, protège-tibia, genouillères, chevillères, etc.

Prévenir l’élongation

  • Ayez une bonne hygiène de vie : adoptez une alimentation équilibrée et le maintien d’un poids santé (l’obésité peut entraîner une contrainte ou une tension sur les muscles), avec un sommeil régulier.
  • Ayez recours aux services d’un entraîneur compétent, que ce soit pour vous initier à un nouveau sport ou parfaire vos techniques.
  • Évitez d’augmenter brusquement l’intensité dans la pratique d’une activité professionnelle ou d’un sport exigeant. En y allant progressivement, on laisse au corps le temps de s’adapter et l’on renforce les muscles tout en assouplissant les tendons.
  • Respectez un temps de repos pour récupérer suffisamment après les entraînements et les compétitions.
  • Adaptez votre activité sportive à votre forme physique et à votre âge.
  • Prévoyez un bon équipement et des chaussures qui corrigent les défauts d’appui éventuels.
  • Avant l’activité physique : préparez votre organisme à l’effort (cardiovasculaire, musculaire, tendineux) avec un échauffement progressif de vos muscles et de vos tendons (environ 10 minutes). Un jogging léger ou de la marche rapide conviennent. L’intensité de la préparation dépend de l’intensité de l’activité qui sera ensuite réalisée. Consultez un entraîneur spécialisé dans le sport pratiqué.
  • Après l’activité physique : faites une séance d’étirements progressifs, en effectuant alternativement une tension maintenue une vingtaine de secondes, puis un relâchement, et en prenant soin d’étirer lentement tous les muscles utilisés pendant l’activité physique. Les étirements sont des exercices très intéressants à condition de les effectuer de façon modérée.

Traitements médicaux des blessures musculaires

Important. Respecter son traitement du début à la fin. Cela réduit le risque de blessures subséquentes et de myosite ossifiante, une complication irréversible qui peut se produire à la suite d’une contusion ou d’une élongation moyenne ou grave. Elle se caractérise par la formation de tissu osseux à l’intérieur du muscle.

Traitement des crampes

La première chose à faire pour faire cesser la crampe est d’étirer le muscle en faisant le mouvement contraire à celui qui a causé la crampe. Par exemple, en cas de crampe au mollet, il faudra fléchir le pied et les orteils vers le haut. Une fois la douleur calmée, on peut aussi pratiquer un léger massage et appliquer de la glace. L’application de glace permet à la fois de réduire la vitesse de contraction du muscle et de prévenir la réaction inflammatoire.

Traitement de l’élongation et de la contusion

Le temps de cicatrisation de la fibre musculaire étant en moyenne de 12 jours, le repos sportif s’impose dans tous les cas d’accidents musculaires, et sera d’autant plus long que l’atteinte est plus importante. Dans les jambes, une élongation légère ou moyenne peut prendre jusqu’à 6 semaines pour guérir. L’élongation grave et la déchirure complète du muscle doivent être prises en charge immédiatement par une équipe médicale, qui entreprendra probablement une chirurgie lorsque la déchirure sera confirmée. Pour obtenir les meilleures chances de succès, la chirurgie doit être effectuée dans les premiers jours qui suivent la blessure. Il ne faut donc pas tarder avant d’aller consulter un médecin.
Les conseils suivants portent sur l’élongation légère à moyenne.
Phase aiguë
Au cours des 3 jours (72 heures) qui suivent le traumatisme, le traitement de l’élongation vise à faire cesser l’hémorragie dans le muscle. Il se base sur 4 éléments principaux dont l’acronyme est GREC :
  • Glace : pour soulager la douleur et réduire l’inflammation en resserrant les vaisseaux sanguins. Appliquer de la glace pendant 10 à 12 minutes, toutes les 1 ou 2 heures durant les 2 ou 3 premiers jours, tout en maintenant le membre élevé. Par la suite, réduire la fréquence à 3 ou 4 fois par jour. Continuer l’application de glace aussi longtemps que les symptômes persistent.
  • Repos : le repos est important afin de prévenir l’aggravation de la blessure. Il faut cesser l’activité qui a causé le traumatisme, sans toutefois immobiliser complètement le membre atteint.
  • Élévation : si la blessure se situe à la jambe ou à la cheville, maintenir la jambe élevée le plus possible. Cela aide l’enflure à se résorber en favorisant le retour veineux.
  • Compression : pour limiter le gonflement et l’accumulation de fluide autour de la zone blessée. L’utilisation d’un bandage élastique remplit bien ce rôle.
Attention. Toute application de chaleur, tout étirement et tout massage sont formellement proscrits. La chaleur dilate les vaisseaux sanguins, donc amplifie le saignement et l’inflammation. Les étirements musculaires risquent d’aggraver les blessures d’élongation. Quant au massage (et même la palpation), il peut intensifier la douleur, aggraver les lésions et provoquer une hémorragie.
Conseils pour l’application de glace
La glace doit être appliquée de manière à bien épouser la forme de la zone blessée. Elle doit être placée dans un sac maintenu avec un bandage, sans trop serrer pour ne pas arrêter la circulation sanguine, mais suffisamment pour permettre une compression qui arrêtera le saignement. On peut appliquer directement sur la peau des cubes de glace contenus dans un sac en plastique, ou les mettre dans uneserviette mince et mouillée. Il existe aussi des sachets de gel mou réfrigérants (Ice pak®) vendus en pharmacie qui peuvent s’avérer pratiques. Toutefois, lorsqu’on utilise ces produits, il ne faut pas les placer directement sur la peau, car il y a des risques d’engelure. Un sac de petits pois verts (ou de maïs en grains) surgelés, déjà dans un emballage plastique, est une solution pratique, puisqu’il se moule bien aux formes du corps et peut être appliqué directement sur la peau.
Il est inutile d’appliquer des compresses froides ou des « sacs magiques », car ils ne sont pas assez froids et se réchauffent en quelques minutes.
Médicaments. En cas de douleur importante, prendre des médicaments analgésiques de typeacétaminophène (Tylenol®). Ils ne remplacent toutefois pas la compression et l’application de glace.
Lorsque la réaction inflammatoire est importante, des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène (Advil®, Motrin®), peuvent être consommés sur une courte période : 2 ou 3 jours seulement. Il faut toujours surveiller leurs effets indésirables possibles sur l’estomac, qui peuvent être majeurs (brûlures d’estomac, hémorragie digestive, ulcères, etc.). S’informer également de leurs contre-indications.
Exercice physique. S’il existe un exercice pouvant être pratiqué sans exercer de tension sur la partie blessée, le sportif peut s’y adonner pour se maintenir en forme, mais il ne doit pas faire usage de la partie blessée.
Phase de réadaptation
Traitements de physiothérapie. Dès le deuxième ou le troisième jour, un médecin ou un physiothérapeute recommandera des exercices spécifiques pour renforcer le muscle blessé et commencer à l’étirer doucement. Des massages doux peuvent être pratiqués à distance de la région douloureuse afin de lever les contractures musculaires (en aucun cas il ne faut masser la région douloureuse, sous peine d’aggraver les lésions). Toute forme de massage est contre-indiquée en cas de rupture musculaire. Selon la gravité de la blessure, des exercices faciles seront peu à peu réintégrés. La douleur est un bon guide pour régler l’intensité des activités. Par la suite, une rééducation et un entraînement régulier graduel sont entrepris. Leurs buts sont de permettre la cicatrisation de la lésion et de retrouver un muscle indolore, souple et fort.
Reprise des activités normales
L’activité normale doit être reprise seulement lorsque toute douleur a disparu, et que force et mobilité sont revenues à la normale. À long terme, il peut être bénéfique de continuer à faire les exercices de physiothérapie afin d’éviter que de tels événements ne se répètent.
Remarque. Les crèmes et les pommades offertes en vente libre pour soulager les douleurs musculaires par un effet de chaleur (Antiphlogistine®, Bengay®, Tiger Balm®, etc.) sont très peu utiles dans le traitement des blessures musculaires, autant en phase aiguë qu’en réadaptation9. La sensation de confort momentanée que ces produits peuvent procurer demeure très superficielle, car leur action se limite à la peau.

L’opinion de notre médecin

Les blessures musculaires peuvent être prévenues la plupart du temps en ayant une pratique sécuritaire de l’activité physique. L’échauffement accompli avant le sport (et non les étirements!) a un rôle capital dans la prévention.
Finalement, si malgré toutes ces précautions vous avez quand même subi une blessure musculaire, vous pouvez éviter qu’elle ne s’aggrave en appliquant la technique « GREC » et en évitant les massages, les étirements et la chaleur.
Dre Susan Labrecque, M.D.
Révision médicale (mai 2010) : Dre Susan Labrecque, M.D., diplômée en médecine sportive, M.Sc. Kinanthropologie, B.Sc. Éducation physique

Approches complémentaires

Mise en garde. Attention de ne pas masser le muscle qui vient de subir une élongation ou unecontusion en appliquant l’un ou l’autre des traitements suivants. En effet, le massage est déconseillé dans les 72 heures qui suivent la blessure.

En traitement

Efficacité probable
Consoude.
Voir la légende des symboles
Efficacité possible
Broméline.
Efficacité incertaine
Vigne rouge.
Approches à considérer
Acupuncture, massothérapie, technique Alexander.
Usage reconnu
Arnica, hamamélis de Virginie, millepertuis.
Usage traditionnel
Huile essentielle de lavande, emplâtre analgésique Tokuhon (Médecine traditionnelle chinoise).
Efficacité probable Consoude (Symphytum officinale). La consoude s’utilise en application externe pour soulager les ecchymoses, les entorses et les douleurs musculaires. Cet usage bénéficie d’une reconnaissance par la Commission E allemande. La plante aurait aussi des propriétés anti-inflammatoires grâce à l’acide rosmarinique qu’elle renferme.
Dosage

Appliquer, de 2 à 4 fois par jour, un onguent ou une lotion renfermant de la consoude (racine ou feuilles). Consulter notre fiche Consoude.
Mise en garde

La Commission E recommande de limiter l’usage topique de la consoude à un maximum de 6 semaines par année, pour éviter une possible accumulation de pyrrolizidines (une substance toxique pour le foie) dans l’organisme. Cette mise en garde ne s’applique toutefois pas au Canada, où les fabricants de crèmes et d’onguents à base de consoude doivent prouver que leurs produits ne contiennent pas de pyrrolizidines.
Efficacité possible Broméline. La broméline est constituée d’un groupe d’enzymes présents dans l’ananas. De nombreuses études menées en Europe permettent d’affirmer que la prise de suppléments de broméline (seuls ou associés à d’autres enzymes) contribue à réduire l’inflammation et la douleur causée par des chirurgies, des hématomes et des contusions.
Dosage

Prendre de 125 mg à 500 mg, 3 fois par jour.
Efficacité incertaine Vigne rouge (Vitis vinifera). Au cours des années 1980, des chercheurs français ont mené des études afin d’évaluer l’utilité des oligo-proanthocyanidines (OPC) contenus dans l’enveloppe des pépins de raisin de la vigne rouge pour traiter les tuméfactions2-5. L’état actuel de la recherche ne permet cependant pas de confirmer leur efficacité à cet égard.
Usage reconnu Arnica (Arnica montana). La Commission E et l’ESCOP approuvent l’usage de l’arnica par voie externe pour traiter entre autres les contusions et les douleurs musculaires. Au cours d’une étude préliminaire avec placebo, menée auprès de 12 volontaires, on a pu observer l’efficacité d’un gel d’arnica pour soulager les douleurs musculaires6.
Dosage

L’arnica peut être appliquée sur la peau sous forme d’onguent, de gel ou d’autres façons. Voir notre fiche Arnica.
Usage reconnu Hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana). L’ESCOP reconnaît l’usage de l’hamamélis de Virginie par voie externe pour soigner les contusions et les entorses. L’hamamélis renferme des tanins (l’hamamélitanine notamment) aux propriétés astringentes et hémostatiques, ce qui expliquerait son effet antihémorragique. On ne dispose par contre d’aucune étude clinique pour appuyer cet usage.
Dosage

Consulter la fiche Hamamélis de Virginie.
Usage reconnu Millepertuis (Hypericum perforatum). La Commission E approuve l’usage du millepertuis par voie externe pour soigner les contusions et les douleurs musculaires. Les Grecs anciens connaissaient très bien les propriétés de la plante pour le traitement des plaies et blessures. Toutefois, aucune étude clinique n’a été menée à cet effet.
Dosage

Appliquer localement de l’huile de millepertuis, de 1 à 3 fois par jour.
Usage traditionnel Lavande (Lavandula sp.). L’huile essentielle de lavande a jadis été utilisée pour soulager les spasmes musculaires, les crampes et les contractures.
Dosage

On peut préparer une huile à massage en diluant de 1 à 4 gouttes d’huile essentielle dans 1 c. à table d’huile végétale. Masser légèrement les endroits atteints pour faire pénétrer.
Usage traditionnel Tokuhon. L’emplâtre analgésique Tokuhon est utilisé en Médecine traditionnelle chinoise pour soulager les douleurs associées aux foulures, aux entorses, aux maux de dos et aux contusions. Il contient entre autres du menthol et du camphre. Les emplâtres ont l’avantage de diffuser les principes actifs lentement, sous l’action de la chaleur de la peau. Leur action thérapeutique serait plus puissante que celle des huiles et des onguents. Santé Canada a d’ailleurs attribué un DIN (Drug Identification Number – numéro d’identification du médicament) au « Tokuhon Medicated Plaster », ce qui certifie qu’il est libre de contaminants et qu’il ne renferme pas de médicaments de synthèse.
Dosage

Pour usage externe seulement. Nettoyer et assécher l’endroit blessé avant de poser l’emplâtre. Couper un morceau de la grandeur désirée et appliquer sur la partie atteinte. Appliquer durant 1 à 2 heures tout au plus, de 3 à 4 fois par jour.
Les approches suivantes concernent les élongations musculaires. Elles sont contre-indiquées dans les 3 jours qui suivent la blessure (en phase aiguë), mais peuvent servir de traitement complémentaire en période de réadaptation. Consulter un professionnel dûment formé.
Approches à considérer Acupuncture. L’acupuncture serait utile chez certaines personnes pour diminuer la douleur et aider à relâcher les tensions7.
Approches à considérer Massothérapie. En phase de réadaptation, le massage est utilisé en physiothérapie. Par exemple, le drainage lymphatique permettrait d’éliminer les déchets métaboliques, ce qui accélérerait légèrement la guérison7. Le shiatsu, une forme de massage oriental où des pressions manuelles sont exercées sur les points d’acupuncture, peut être utilisé en prévention pour préparer l’ensemble musculosquelettique à l’effort ou encore en traitement de l’élongation pour soulager la douleur et les tensions musculaires7,8. Pour en savoir plus sur les différentes formes de massage, consulter la ficheMassothérapie, qui en offre une vue d’ensemble.
Approches à considérer Technique Alexander. La technique Alexander peut contribuer à la guérison d’une blessure musculaire sportive. En outre, cette méthode d’éducation somatique serait d’une aide précieuse pour briser la chaîne des blessures à répétition8.

Sites d’intérêt

Canada
Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec
Répertoire électronique des physiothérapeutes ou thérapeutes spécialisés en réadaptation physique.
www.oppq.qc.ca
Guide Santé du gouvernement du Québec
Pour en savoir plus sur les médicaments : comment les prendre, quelles sont les contre-indications et les interactions possibles, etc.
www.guidesante.gouv.qc.ca
États-Unis
National Athletic Trainers’ Association
www.nata.org
Recherche et rédaction : Équipe PasseportSanté.net
Mise à jour :
 mai 2010

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.
Bibliographie
American Academy of Orthopaedic Surgeons. Patient/Public Information, Sports/Exercise – Sprains and Strains, AAOS : Your Orthopaedic Connection. [Consulté le 30 avril 2010].http://orthoinfo.aaos.org
Association médicale canadienne (Ed). Grand public, Maladies – Blessures sportives, Amc.ca. [Consulté le 30 avril 2010]. www.cma.ca
Blumenthal M, Goldberg A, Brinckmann J (Ed). Expanded Commission E Monographs, American Botanical Council, publié en collaboration avec Integrative Medicine Communications, États-Unis, 2000.
Ernst E (Ed). The Complete Book of Symptoms and Treatments, Element Books Limited, Angleterre, 1998.
European Scientific Cooperative on Phytotherapy (Ed). Arnicae flos, ESCOP Monographs on the Medicinal Uses of Plants Drugs, Centre for Complementary Health Studies, Université d’Exeter, Grande-Bretagne, 1997. 
Mayo Foundation for Medical Education and Research (Ed). Diseases & Conditions –Sprains & Strains, MayoClinic.com. [Consulté le 30 avril 2010]. www.mayoclinic.com
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Portrait des traumatismes d’origine récréative et sportive au Québec (édition 2007). Texte intégral : www.mels.gouv.qc.ca [Consulté le 14 mai 2010].
National Library of Medicine (Ed). Medline Plus Health Information, Health topics – Sprains and Strains, Medline plus. [Consulté le 30 avril 2010]. www.nlm.nih.gov
National Library of Medicine (Ed). PubMed, NCBI. [Consulté le 30 avril 2010].www.ncbi.nlm.nih.gov
National Institute of Arthritis and Musculoskeletal and Skin Diseases. Health Information – Questions and answers about sprains and strains, NIAMS. [Consulté le 30 avril 2010].www.niams.nih.gov
Natural Standard (Ed). Condition Center – Sports Injuries, Nature Medicine Quality Standards. [Consulté le 30 avril 2010]. www.naturalstandard.com
The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Conditions – Injuries, Minor,ConsumerLab.com. [Consulté le 30 avril 2010]. www.consumerlab.com
UpToDate. [Consulté le 30 avril 2010]. www.uptodate.com
Notes
1. Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. Portrait des traumatismes d’origine récréative et sportive au Québec (édition 2007). Texte intégral : www.mels.gouv.qc.ca [Consulté le 14 mai 2010].
2. The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Herbs & Supplements – OPCs (Oligomeric Proanthocyanidins), ConsumerLab.com. [Consulté le 30 avril 2010].www.consumerlab.com
3. Parienti JJ, Parienti-Amsellem J. Post traumatic edemas in sports: a controlled test of Endotelon W [translated from French]. Gaz Med Fr. 1983;90:231-236. Étude mentionnée dans : The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Herbs & Supplements – OPCs (Oligomeric Proanthocyanidins), ConsumerLab.com. [Consulté le 30 avril 2010].www.consumerlab.com
4. Pecking A, Desprez-Curely JP, Megret G. Oligomeric grape flavonols (Endotelon W) in the treatment of secondary upper limb lymphedemas [translated from French]. 1989;69-73. Étude mentionnée dans : The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Herbs & Supplements – OPCs (Oligomeric Proanthocyanidins),ConsumerLab.com. [Consulté le 30 avril 2010]. www.consumerlab.com
5. Baruch J. Effect of Endotelon in postoperative edema. Results of a double-blind study versus placebo in 32 female patients [translated from French]. Ann Chir Plast Esthet. 1984;29:393-395. Étude mentionnée dans : The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Herbs & Supplements – OPCs (Oligomeric Proanthocyanidins), ConsumerLab.com. [Consulté le 30 avril 2010]. www.consumerlab.com
6. European Scientific Cooperative on Phytotherapy (Ed). Arnicae flos, ESCOP Monographs on the Medicinal Uses of Plants Drugs, Centre for Complementary Health Studies, Université d’Exeter, Grande-Bretagne, 1997. 
7. Ernst E (Ed). The Complete Book of Symptoms and Treatments, Element Books Limited, Angleterre, 1998.
8. Natural Standard (Ed). Condition Center – Sports Injuries, Nature Medicine Quality Standards. [Consulté le 30 avril 2010]. www.naturalstandard.com
9. Matthews P, Derry S et alTopical rubefacients for acute and chronic pain in adultsCochrane Database Syst Rev. 2009 Jul 8;(3).

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Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur. (proverbe africain)

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