Recommandations générales
L’arthrite rhumatoïde est une maladie qui provoque une inflammation chronique de la membrane entourant les articulations (membrane synoviale). On la dit « auto-immune » parce que c’est le système immunitaire de la personne elle-même qui s’attaque aux tissus des articulations. On n’a pas réussi à identifier une cause précise. Les spécialistes pensent qu’elle est attribuable à un ensemble de facteurs environnementaux, génétiques et biologiques.
 
Capsule tirée de l’émissionBonheur total
Il n’existe pas vraiment de consensus à propos de l’alimentation à adopter en cas d’arthrite rhumatoïde. On sait toutefois que l’incidence de cette maladie est moins forte dans les populations du Sud de la Méditerranée. Une étude parue en 20041 a fait ressortir que l’huile d’olive, l’huile de poisson, les fruits et les légumes étaient des facteurs protecteurs, tandis que la viande, les nitrites et un apport trop élevé en ferétaient des facteurs inducteurs. D’ailleurs, dans une étude clinique récente2, la prise quotidienne de 3 g d’oméga-3 provenant d’huile de poisson et de 10 g (15 ml) d’huile d’olive a entraîné des résultats très positifs. Dans le même ordre d’idée, une étude clinique parue en 20033 a démontré que les sujets suivant une diète crétoise, comparativement à ceux suivant une diète classique, ont obtenu une réduction de l’inflammation ainsi qu’une augmentation de la vitalité et des fonctions physiques.
De plus, trois études4-6 ont démontré que, chez certains patients, une diète végétalienne4,6 (ne comprenant aucun produit ou sous-produit d’origine animale) ou végétarienne5 améliorait les symptômes de l’arthrite rhumatoïde (voir notre fiche Végétarisme et végétalisme). Deux autres études7-8ont démontré qu’un jeûne suivi d’une diète végétalienne apportait des modifications à la flore intestinale des patients atteints d’arthrite rhumatoïde, et qu’il y avait corrélation entre ces changements et l’amélioration de l’état des patients.
Une diète végétalienne ou crétoise pourrait donc avoir un effet anti-inflammatoire et aider à régulariser lesystème immunitaire. En plus, elle pourrait provoquer des changements bénéfiques dans la flore intestinale, ce qui entraînerait des répercussions positives sur la maladie.
Les habitudes alimentaires dont il est question dans cette fiche ont pour but de :
  • réduire l’inflammation,
  • améliorer le fonctionnement du système immunitaire,
  • ajuster l’équilibre de la flore intestinale.

Réduire l’inflammation

Augmenter l’apport en acide gras oméga-3 provenant des poissons gras et de l’huile de poisson. L’huile de poisson peut soulager certains des symptômes de l’arthrite rhumatoïde, dont les raideurs matinales. Elle peut faire en sorte que moins d’articulations soient atteintes. Elle permettrait de réduire le dosage des médicaments anti-inflammatoires (sous supervision médicale). Selon les études, la dose quotidienne nécessaire d’oméga-3 pour réduire l’inflammation est de près de 3 g (plus précisément 1,8 g d’AEP et 0,9 g d’ADH, deux types d’oméga-3 retrouvés dans les poissons gras). Cette quantité s’obtient difficilement par l’alimentation seule : on y arrive en consommant trois repas de 150 g (5 oz) de poisson gras par semaine, plus 1 g par jour d’oméga-3 en supplément (AEP et ADH combinés).
Teneur en AEP et ADH de différents poissons, fruits de mer11 et suppléments.
POISSONS
PORTION
AEP + ADH
Maquereau bleu
150 g
3450 mg
Saumon de l’Atlantique (élevage)
150 g
2870 mg
Truite grise
150 g
2400 mg
Hareng de l’Atlantique
150 g
2354 mg
Flétan du Groenland
150 g
1376 mg
Sardines en conserve (dans l’huile)
150 g
980 mg
Crevettes
150 g
717 mg
Morue
150 g
274 mg
Pétoncles
150 g
130 mg
Capsule d’huile de poisson
1
De 300 mg à 600 mg
Augmenter l’apport en huile d’olive. L’huile d’olive contient beaucoup d’antioxydants et possède des propriétés anti-inflammatoires. Il faut toutefois la choisir extra vierge ou de première pression à froid. L’huile d’olive légère ou vierge a été raffinée et a donc perdu une partie de ses antioxydants. Une cuillerée à table (15 ml) par jour suffit.
Utiliser préférablement l’huile d’olive non chauffée : dans les salades ou avec le pain, en remplacement du beurre. Mais, on peut aussi la consommer pour la cuisson des légumes ainsi que dans les recettes de muffins et de biscuits. Acheter l’huile d’olive dans des bouteilles teintées brun ou vert foncé.
Chaque jour, consommer des noix non rôties et non salées. En plus d’être riches en antioxydants, les amandesnoisettespacanespistaches, macadamias et noix de cajou contiennent des gras de la même famille que ceux retrouvés dans l’huile d’olive.
Réduire au minimum la consommation de viande rouge. On évite le boeuf, le porc, le veau et l’agneau, ainsi que les charcuteries et les viandes froides. Ces viandes contiennent de l’acide arachidonique qui pourrait faire augmenter l’inflammation9. Il se peut également que leur teneur en fer contribue à l’oxydation et donc aux dommages causés aux articulations. De plus, les charcuteries et les viandes froides sont souvent additionnées de nitrites, associés à l’arthrite rhumatoïde.
Réduire la consommation d’aliments riches en acides linoléiques (oméga-6). Une trop grande quantité d’acides gras oméga-6 peut augmenter l’inflammation. Remplacer les huiles suivantes par l’huile d’olive extra vierge et l’huile de canola de première pression à froid.
Huiles riches en oméga-6
  • Huile de pépins de raisin
  • Huile de soya
  • Huile de tournesol
  • Huile de carthame
  • Huile de maïs
  • Huile de germe de blé

Améliorer le fonctionnement du système immunitaire

Augmenter l’apport en fruits et légumes. Objectif : 7 à 12 portions par jour. Les fruits et les légumes sont riches en antioxydants, lesquels peuvent améliorer l’efficacité du système immunitaire et réduire les dommages aux articulations. Consommez régulièrement au moins une portion de fruit ou de légume de chacune des six couleurs suivantes afin d’obtenir le plus grand spectre d’antioxydants.
COULEUR
FRUITS ET LÉGUMES RICHES EN ANTIOXYDANTS
Mauve et bleu
Bleuets, prune, pruneau, mûres, chou rouge, aubergine, raisins, betterave.
Orange
Carotte, cantaloup, mangue, patate douce, poivron orange.
Vert
Brocoli, chou de Bruxelles, chou chinois, pois mange-tout, épinards, haricots verts, asperges, artichaut, kiwi
Rouge
Fraises, framboises, pomme, tomate, poivron rouge.
Blanc
Ail, oignon, chou-fleur, poireau, échalote.
Jaune
Banane, poivron jaune, navet, panais, poire, pamplemousse.
Une portion, c’est combien?
  • un fruit ou un légume de la grosseur d’une balle de tennis;
  • 125 ml (1/2 tasse) de fruits ou de légumes, frais ou surgelés;
  • 250 ml (1 tasse) de légumes en feuilles (laitue, épinards, etc.);
  • 125 ml (1/2 tasse) de vrai jus, non additionné de sucre;
  • 50 ml (1/4 tasse) de fruits séchés.
S’assurer d’un bon apport en vitamine D. Outre ses effets bénéfiques sur la masse osseuse, lavitamine D aurait aussi un effet régulateur sur le système immunitaire. Un lien a été établi entre un bon apport en vitamine D et un risque plus faible d’arthrite rhumatoïde10. Chez les Méditerranéens, l’abondance de soleil favorise une production de vitamine D suffisante pour combler les besoins. Dans les pays nordiques, il faut se la procurer par l’alimentation ou les suppléments. Les besoins en vitamine D sont de 200 UI par jour avant 50 ans, 400 UI après 50 ans, et 600 UI après 70 ans. Pour obtenir le 400 UI par jour, il peut être nécessaire de prendre un supplément.
Teneur de quelques aliments en vitamine D
ALIMENTS
PORTION
UI*
Huile de foie de morue
1 c. à soupe
2040
Saumon cuit
150 g
540
Maquereau cuit
150 g
520
Sardines en conserve dans l’huile
150 g
405
Anguille cuite
150 g
300
Lait enrichi de vitamine D (écrémé ou pas)
250 ml
98
Margarine enrichie de vitamine D (non hydrogénée)
1 c. à soupe
60
Jaune d’oeuf
1
25
*unité internationale
Source :
 USDA Nutrient Database for Standard Reference, Release 14, 2001.

Équilibrer la flore intestinale

Augmenter l’apport en légumineuses. En plus de constituer un excellent substitut à la viande, les légumineuses (haricots, pois, lentilles, etc.) sont très riches en fibres, ce qui permet d’améliorer la composition de la flore intestinale. Une portion de 250 ml (1 tasse) de légumineuses cuites équivaut à 85 g de viande en termes de protéines.
Consommer des produits céréaliers complets. Les produits céréaliers complets sont riches en fibres, ce qui permet d’améliorer la composition de la flore intestinale. Réduire d’autant les produits céréaliers raffinés.
À PRIVILÉGIER
À LIMITER
Riz brun, riz sauvage, blé entier, orge, millet, sarrasin, quinoa, kamut, épeautre, avoine, seigle, teff, amarante, couscous complet, boulgour, crème de blé entière, céréales à déjeuner complètes et très faibles en sucre.
Gruau instantané, céréales à déjeuner sucrées, couscous, crème de blé, riz blanc.
Desserts faits à partir de farines complètes.
Pâtisseries et desserts faits de farine blanche, même enrichie.
Pain complet (sans sucre) fait de différentes farines ou multigrains, pâtes complètes, pâte à tarte avec farine complète, produits de boulangerie avec farine complète (pain pita de blé entier, craquelins de seigle, etc.).
Pain blanc, pâtes blanches, pâte à tarte, produits de boulangerie faits de farine blanche, même enrichie (bagel, croissant, pain pita, craquelins, etc.).
Augmenter la consommation d’aliments lactofermentés. Les aliments lactofermentés ont un impact positif sur la flore intestinale, en augmentant la quantité de lactobacilles dans l’intestin.
Quelques aliments lactofermentés :
  • Yogourt
  • Fromage à pâte lactique (dama blanc, ricotta, cottage, fromage de chèvre à tartiner)
  • Kéfir
  • Choucroute
  • Légumes lactofermentés
  • Rejuvelac (jus d’herbe de blé fermenté)
  • Amasaké (boisson de riz brun sucré fermenté)
  • Miso
  • Tempeh

De bons trucs

  • En faisant des vinaigrettes avec de l’huile d’olive, de l’huile de poisson aromatisée au citron et du jus de citron, on obtient tous les bons gras en une seule portion.
  • Les légumineuses et le poisson en conserve sont des aliments de bonne qualité et faciles à apprêter.
  • À tout moment de l’année, on peut se procurer des petits fruits (bleuetsmûresframboises,fraises) congelés et non sucrés; on les fait décongeler lentement au réfrigérateur et on les ajoute aux céréales ou à du yogourt nature.
  • Gardez un sac de noix au travail : un fruit et une petite poignée de noix font une excellente collation.
  • Ajoutez à vos salades une petite quantité de légumes lactofermentés que l’on trouve dans les magasins d’aliments naturels.
En terminant, si tous ces changements alimentaires ne parviennent pas à améliorer votre état, il se peut que vous ayez des sensibilités alimentaires6, lesquelles peuvent être détectées par une approche décrite dans notre fiche Sensibilités alimentaires.
Fiche créée : septembre 2005

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.
1. Pattison DJ, Symmons DP, Young A. Does diet have a role in the aetiology of rheumatoid arthritis?Proc Nutr Soc. 2004 Feb;63(1):137-43.
2. Berbert AA, Kondo CR, Almendra CL, et alSupplementation of fish oil and olive oil in patients with rheumatoid arthritisNutrition. 2005 Feb;21(2):131-6.
3. Skoldstam L, Hagfors L, Johansson G. An experimental study of a Mediterranean diet intervention for patients with rheumatoid arthritisAnn Rheum Dis. 2003 Mar;62(3):208-14.
4. Nenonen MT, Helve TA, et alUncooked, lactobacilli-rich, vegan food and rheumatoid arthritisBr J Rheumatol. 1998 Mar;37(3):274-81.
5. Kjeldsen-Kragh J. Rheumatoid arthritis treated with vegetarian dietsAm J Clin Nutr. 1999 Sep;70(3 Suppl):594S-600S.
6. Hafstrom I, Ringertz B, et alA vegan diet free of gluten improves the signs and symptoms of rheumatoid arthritis: the effects on arthritis correlate with a reduction in antibodies to food antigens.Rheumatology (Oxford). 2001 Oct;40(10):1175-9.
7. Peltonen R, Kjeldsen-Kragh J, et alChanges of faecal flora in rheumatoid arthritis during fasting and one-year vegetarian dietBr J Rheumatol. 1994 Jul;33(7):638-43.
8. Peltonen R, Nenonen M, et alFaecal microbial flora and disease activity in rheumatoid arthritis during a vegan dietBr J Rheumatol. 1997 Jan;36(1):64-8.
9. Grant W.B. The role of meat in the expression of rheumatoid arthritisBritish Journal of Nutrition, November 2000, vol. 84, no. 5, pp. 589-595(1)
10. Merlino LA, Curtis J, et alVitamin D intake is inversely associated with rheumatoid arthritis: results from the Iowa Women’s Health StudyArthritis Rheum. 2004 Jan;50(1):72-7.
11. Lepage Maryse, Lucas Michel, Baribeau Hélène. Santé La Gaspésie. Malisan inc. Canada, 2003.

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Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur. (proverbe africain)

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